I Speak English

"Practice Makes Perfect"

  • Accueil
  • > Archives pour October 2019

7 October, 2019

Sé mizisien Foyal la (Les musiciens de Brême)

Filed under: CREOLE — csa1 @ 22:35

Mofrazé kont-tala an kréyol :

Jacob et Wilhelm Grimm

LES MUSICIENS DE LA VILLE DE BRÊME.

Un homme avait un âne qui l’avait servi fidèlement pendant longues années, mais dont les forces étaient à bout, si bien qu’il devenait chaque jour plus impropre au travail. Le maître songeait aie dépouiller de sa peau ; mais l’âne, s’apercevant que le vent soufflait du mauvais côté, s’échappa et prit la route de Brème : « Là, se disait-il, je pourrai devenir musicien de la ville. »

Comme il avait marché quelque temps, il rencontra sur le chemin un chien de chasse qui jappait comme un animal fatigué d’une longue course. « Qu’as-tu donc à japper de la sorte, camarade ? lui dit-il.

— Ah ! répondit le chien, parce que je suis vieux, que je m’affaiblis tous les jours et que je ne peux plus aller à la chasse, mon maître a voulu m’assommer ; alors j’ai pris la clef des champs ; mais comment ferai-je pour gagner mon pain ?

— Eh bien ! dit l’âne, je vais à Brème pour m’y faire musicien de la ville, viens avec moi et fais-toi aussi recevoir dans la musique. Je jouerai du luth, et toi tu sonneras les timbales. »

Le chien accepta, et ils suivirent leur route ensemble. A peu de distance, ils trouvèrent un chat couché sur le chemin et faisant une figure triste comme une pluie de trois jours. « Qu’est-ce donc qui te chagrine, vieux frise-moustache ? lui dit l’âne.

— On n’est pas de bonne humeur quand on craint pour sa tête, répondit le chat : parce que j’avance en âge, que mes dents sont usées et que j’aime mieux rester couché derrière le poêle et filer mon rouet que de courir après les souris, ma maîtresse a voulu me noyer ; je me suis sauvé à temps : mais maintenant que faire, et où aller ?

— Viens avec nous à Brème ; tu t’entends fort bien à la musique nocturne, tu te feras comme nous musicien de la ville. »

Le chat goûta l’avis et partit avec eux. Nos vagabonds passèrent bientôt devant une cour, sur la porte de laquelle était perché un coq qui criait du haut de sa tête. « Tu nous perces la moelle des os, dit l’âne ; qu’as-tu donc à crier de la sorte ?

— J’ai annoncé le beau temps, dit le coq, car c’est aujourd’hui le jour où Notre-Dame a lavé les chemises de l’enfant Jésus et où elle doit les sécher ; mais, comme demain dimanche on reçoit ici à dîner, la maîtresse du logis est sans pitié pour moi ; elle a dit à la cuisinière qu’elle me mangerait demain en potage, et ce soir il faudra me laisser couper le cou. Aussi crié-je de toute mon haleine, pendant que je respire encore.

— Bon ! dit l’âne, crête rouge que tu es, viens plutôt à Brème avec nous ; tu trouveras partout mieux que la mort tout au moins ; tu as une bonne voix, et, quand nous ferons de la musique ensemble, notre concert aura une excellente façon. »

Le coq trouva la proposition de son goût, et ils détalèrent tous les quatre ensemble. Ils ne pouvaient atteindre la ville de Brème le même jour ; ils arrivèrent le soir dans une forêt où ils comptaient passer la nuit. L’âne et le chien s’établirent sous un grand arbre, le chat et le coq y grimpèrent, et même le coq prit son vol pour aller se percher tout au haut, où il se trouverait plus en sûreté. Avant de s’endormir, comme il promenait son regard aux quatre vents, il lui sembla qu’il voyait dans le lointain une petite lumière ; il cria à ses compagnons qu’il devait y avoir une maison à peu de distance, puisqu’on apercevait une clarté. « S’il en est ainsi, dit l’âne, délogeons et marchons en hâte de ce côté, car cette auberge n’est nullement de mon goût. » Le chien ajouta : « En effet, quelques os avec un peu de viande ne me déplairaient pas. »

Ils se dirigèrent donc vers le point d’où partait la lumière ; bientôt ils la virent briller davantage et s’agrandir, jusqu’à ce qu’enfin ils arrivèrent en face d’une maison de brigands parfaitement éclairée. L’âne, comme le plus grand, s’approcha de la fenêtre et regarda en dedans du logis. « Que vois-tu là, grison ? lui demanda le coq.

- Ce que je vois ? dit l’âne ; une table chargée de mets et de boisson, et alentour des brigands qui s’en donnent à cœur joie.

— Ce serait bien notre affaire, dit le coq.

— Oui, certes, reprit l’âne ; ah ! si nous étions là ! »

Ils se mirent à rêver sur le moyen à prendre pour chasser les brigands ; enfin ils se montrèrent. L’âne se dressa d’abord en posant ses pieds de devant sur la fenêtre, le chien monta sur le dos de l’âne, le chat grimpa sur le chien, le coq prit son vol et se posa sur la tête du chat. Cela fait, ils commencèrent ensemble leur musique à un signal donné. L’âne se mit à braire, le chien à aboyer, le chat à miauler, le coq à chanter : puis ils se précipitèrent par la fenêtre dans la chambre en enfonçant les carreaux qui volèrent en éclats. Les voleurs, en entendant cet effroyable bruit, se levèrent en sursaut, ne doutant point qu’un revenant n’entrât dans la salle, et se sauvèrent tout épouvantés dans la forêt. Alors les quatre compagnons s’assirent à table, s’arrangèrent de ce qui restait, et mangèrent comme s’ils avaient dû jeûner un mois.

Quand les quatre instrumentistes eurent fini, ils éteignirent les lumières et cherchèrent un gîte pour se reposer, chacun selon sa nature et sa commodité. L’âne se coucha sur le fumier, le chien derrière la porte, le chat dans le foyer près de la cendre chaude, le coq sur une solive ; et, comme ils étaient fatigués de leur longue marche, ils ne tardèrent pas à s’endormir. Après minuit, quand les voleurs aperçurent de loin qu’il n’y avait plus de clarté dans leur maison et que tout y paraissait tranquille, le capitaine dit : « Nous n’aurions pas dû pourtant nous laisser ainsi mettre en déroute ; » et il ordonna à un de ses gens d’aller reconnaître ce qui se passait dans la maison. Celui qu’il envoyait trouva tout en repos ; il entra dans la cuisine et voulut allumer de la lumière ; il prit donc une allumette, et comme les yeux brillants et enflammés du chat lui paraissaient deux charbons ardents, il en approcha l’allumette pour qu’elle prît feu. Mais le chat n’entendait pas raillerie ; il lui sauta au visage et l’égratigna en jurant. Saisi d’une horrible peur, l’homme courut vers la porte pour s’enfuir ; mais le chien, qui était couché tout auprès, s’élança sur lui et le mordit à la jambe ; comme il passait dans la cour à côté du fumier, l’âne lui détacha une ruade violente avec ses pieds de derrière, tandis que le coq, réveillé par le bruit et déjà tout alerte, criait du haut de sa solive : Kikeriki !

Le voleur courut à toutes jambes vers son capitaine et dit : a II y a dans notre maison une affreuse sorcière qui a soufflé sur moi et m’a égratigné la figure avec ses longs doigts ; devant la porte est un homme armé d’un couteau, dont il m’a piqué la jambe ; dans la cour se tient un monstre noir, qui m’a assommé d’un coup de massue, et au haut du toit est posé le juge qui criait : « Amenez devant moi ce pendard. « Aussi me suis-je mis en devoir de m’esquiver. »

Depuis lors, les brigands n’osèrent plus s’aventurer dans la maison, et les quatre musiciens de Brème s’y trouvèrent si bien, qu’ils n’en voulurent plus sortir.

Les Musiciens de Brême

FILM

Les Musiciens de Brême est un film allemand de conte de fée, réalisé par Dirk Regel et sorti en 2009. Il est inspiré du conte Les Musiciens de Brême des Frères Grimm. C’est le 7e épisode de la saison 2 la série Six en une fois.

Dans un village situé non loin de Brême, un fermier vit avec sa fille, Lissi, et sa nouvelle épouse, Martha. Cette dernière compte arranger les affaires de la ferme à sa manière. Elle commence par convaincre son mari d’éloigner leur valet de ferme, Johan, de sa fille pour qu’elle épouse un riche fermier, et finit par lui dire comment ils pourraient se débarrasser de leurs trop vieux animaux. L’Âne ne supporte plus le poids des sacs de grain et risque de finir en saucisson. Le chien est devenu aveugle et est destiné à être servi en pâture aux cochons. La chatte ne chasse plus les souris et la fermière veut en récupérer la fourrure. Quant au Coq, qui devrait finir dans une marmite, ne sait plus chanter. Mais il a tout entendu des plans de la fermière et court prévenir ses 3 vieux amis. L’Âne décide alors qu’il ne veut pas mourir et convainc les autres de l’accompagner au dehors pour devenir musiciens de rue. Pendant ce temps, Johan est en route pour Brême et Lissi s’enfuit de la ferme pour tenter de le rejoindre.

Résumé

Les Musiciens de la ville de Brême

Quand les animaux ne leur sont plus utiles, les humains tentent souvent de s’en débarrasser. C’est le cas de chacun des animaux qui sont les héros du conte desMusiciens de la ville de Brême. L’âne a travaillé sans relâche au moulin de son maître pendant des années mais quand ses forces déclinent, il doit s’enfuir. Il décide d’aller à Brême pour y devenir musicien. En chemin, il rencontre un vieux chien de chasse, Croque-le, qui vient d’échapper à son maître qui voulait le tuer. L’âne invite le chien à se joindre à lui pour devenir aussi musicien à Brême. Ensuite, les deux animaux rencontrent Lave-moustaches, un chat que sa maîtresse a voulu noyer parce que ses dents sont trop émoussées pour chasser les souris. Leur cortège s’agrandit encore quand tous trois rencontrent Crête-Rouge, un coq, qui le lendemain doit devenir le plat principal du repas dominical. Il accepte de se joindre à eux. La nuit tombe et les animaux vont passer la nuit dans la forêt. Le coq, en se perchant sur une branche pour dormir, aperçoit une étincelle vers laquelle les quatre compères se dirigent. C’est un repère de brigands que les animaux effraient par leurs différents cris émis en même temps. Les animaux finissent le repas que les brigands ont laissé derrière eux et s’installent pour passer la nuit. Les brigands envoient un des leurs en éclaireur pour voir s’ils peuvent récupérer leur demeure mais celui-ci se fait attaquer à tour de rôle par les quatre animaux. Son compte-rendu – peu fidèle puisqu’il a confondu les animaux avec des personnages fantasmés – convainc ses acolytes de ne plus jamais revenir. Quant aux animaux, ils s’installent définitivement dans ce logis.

ETUDE

Composition des contes de Grimm

Jacob et Wilhelm Grimm sont deux frères C’est à l’Université que les frères Grimm s’intéressent aux vieux contes grâce à des amis écrivains. Leur intérêt va principalement aux histoires transmises à l’oral aux populations depuis des générations. Ils commencent alors à les collectionner, demandant de l’aide aux conteuses notamment à Dorothea Viehmann, femme très instruite, et ils s’inspirent des contes de Perrault. Ils revendiquent leurs contes comme Danois, cependant, en inspirant de Perrault, ils empruntent des histoires à d’autres pays … On se demande tout de même si certains des contes de Grimm ne viennent pas directement de leur imagination. De plus, certains semblent avoir été remodelés par leurs soins ; on peut en effet effectuer des comparaisons entre les contes d’origines et ceux de des frère Grimm.

Leurs premiers contes sont publiés en 1812. Plusieurs éditions s’en suivront, et on compte environ deux cents contes à leur actif. Cependant, la parution des premiers contes fait polémique car bien que normalement destinés aux enfants, on y constate la présence d’allusions sexuelles, et de termes techniques. Obligés de modifier leurs histoires, les allusions disparaissent au profit de la violence, notamment envers les méchants, et les traitements qui leur sont infligés en punition. On constate donc, au fil des éditions, une édulcoration des histoires, des fins plus joyeuses, ainsi que la perte de l’aspect éducatif. En effet, l’aspect crû des contes permet d’inculquer une certaine morale ainsi qu’une crainte de quelques éléments de la vie : le loup du petit chaperon rouge, la belle transformée en vieille femme dans Blanche-Neige, …

La plupart du temps, les personnages présentés sont souvent des métaphores en rapport avec des situations difficiles : inceste, viol, cruauté ou encore la mort.

Les thèmes récurrents des Frère Grimm sont les suivants : princes et princesses qui vivent ensemble après avoir surmonté des épreuves, l’amour malgré l’apparence repoussante (le roi Grenouille inspiré ou inspirant ensuite la belle et la bête), la curiosité en tant que vilain défaut ( L’enfant de Marie, qui présente une nette ressemblance avec Barbe-Bleue), la récompense de l’honnêteté, … Ces thèmes ne sont pas choisis au hasard, ils sont employés car ils mettent en scène des défauts de la vie quotidienne et permettent à ceux qui les lisent de se remettre en question et d’en tirer une leçon.

 

 

 

Conseils de Livres, BD et M... |
natnat973 |
Simon-Dwight's Translation |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | clcailleau
| AHLALAY
| manonjouanni